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Le rôle des perturbateurs endocriniens dans les déséquilibres hormonaux

Les liens entre perturbateurs endocriniens et santé hormonale

On connaît les effets des perturbateurs endocriniens sur la santé en général, et la santé hormonale en particulier, depuis les années 1970. L’OMS les considère d’ailleurs comme une substance aux effets délétères sur notre bien-être, mais aussi celui de nos enfants.

Progressivement encadrés par une législation complexe, on peine toujours à se protéger efficacement contre les perturbateurs endocriniens. Il nous incombe à nous, en tant que citoyens et citoyennes, de redoubler de vigilance et d’éviter les produits ou les aliments qui pourraient en contenir.

Dans cet article, je vous explique quelle est l’action de ces substances exogènes et quels sont les liens entre perturbateurs endocriniens et santé hormonale. Vous verrez que de notre alimentation à la composition de nos produits de beauté ou nettoyants, ces derniers sont bien plus présents dans nos vies que nous pourrions le penser.

Je vous partagerais aussi des conseils pratiques pour se protéger des perturbateurs endocriniens. En limitant au maximum votre exposition, vous pourrez aussi limiter les risques de déséquilibres hormonaux comme le SOPK.

Qu’entend-t-on par perturbateurs endocriniens ?

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a donné en 2002 une définition des perturbateurs endocriniens.

Il s’agit d’une “substance ou un mélange de substances qui altère les fonctions du système endocrinien et, de ce fait, induit des effets nocifs sur la santé d’un organisme intact, de ses descendants ou de (sous-)populations « .

Les perturbateurs endocriniens n’ont d’ailleurs pas uniquement un impact sur la santé hormonale des femmes (augmentant les risques de cancer du sein). Ils impactent également les hommes et sont liés à la survenue de la cryptorchidie (l’absence d’un ou des deux testicules dans le scrotum) chez les jeunes garçons.

Liste (non exhaustive) des différents perturbateurs endocriniens

Il existe près de 800 substances différentes possédant des propriétés perturbatrices endocriniennes (qu’elles soient avérées ou suspectées). A mesure que nos connaissances sur ce sujet s’étoffent, la liste des perturbateurs endocriniens ne fait que s’allonger.

Parmi les plus répandus, ou ceux dont les effets sont les mieux connus, on peut citer :

  • Certains pesticides (notamment certains fongicides et herbicides) ;

  • Les substances plastifiantes (comme les phtalates ou le Bisphénol A) ;

  • Les retardateurs de flamme (PBDE) et les revêtements (PFAs) ;

  • Certains médicaments, comme le Distilbène, certains antidouleurs et antidépresseurs (Fluoxétine)…

  • Les produits d’hygiène (Triclosan) et cosmétiques (parabènes)

De manière générale, les perturbateurs endocriniens peuvent être d’origine naturelle (hormonale) ou issus d’activités humaines (synthétiques). Les plus connus sont certainement le bisphénol-A (interdit dans les biberons depuis 2010).

Mais aussi les parabens, à l’origine utilisés pour éviter que les champignons ou bactéries ne se développent dans les produits d’hygiène. Ils sont désormais interdits dans les cosmétiques destinés aux enfants de moins de 3 ans. En effet, ils pourraient avoir un effet proche des oestrogènes et donc provoquer certains cancers hormono-dépendants.

Quel est l’impact des perturbateurs endocriniens sur la santé ?

Si ces substances sont progressivement bannies de certains produits, c’est qu’elles peuvent se révéler particulièrement dangereuses pour notre organisme. On connaît en effet mieux les liens entre perturbateurs endocriniens et santé hormonale.

Mais avant de creuser plus en profondeur ce sujet, intéressons-nous aux effets plus global des perturbateurs endocriniens sur notre corps.

Un poison très puissant

Normalement, l’effet d’une substance nocive est proportionnel à la dose et à la fréquence à laquelle nous y sommes exposés. Ce n’est pas le cas des perturbateurs endocriniens.

En effet, ces derniers peuvent avoir des conséquences très lourdes sur notre santé même en-dessous de la dose journalière tolérée par l’organisme (DTJ). Ainsi, même une exposition minime se révèlera dangereuse.

Un impact à long terme

Les effets des perturbateurs endocriniens sur la santé hormonale ne sont pas immédiats. Ils peuvent en effet se déclencher plusieurs années après notre exposition. Et même se transmettre aux prochaines générations, de nos enfants à nos petits-enfants.

Cela a notamment été le cas du Distilbène, un traitement prescrit aux femmes enceintes et interdit depuis 1977. Encore aujourd’hui, des personnes continuent d’en subir les effets. Durant la grossesse, les perturbateurs endocriniens peuvent influencer l’expression de certains gènes. Ils auront donc un impact sur le développement du fœtus (comme la différenciation sexuelle), à moyen ou long terme.

L’effet cocktail

La dangerosité des perturbateurs endocriniens tient aussi au fait que nous ne sommes pas exposés à un type de substance, mais à un cocktail de molécules chimiques. Avant même notre naissance et durant toute notre vie d’adulte, nous croisons la route de plus d’une centaine d’entre eux. 100 perturbateurs endocriniens qui interagissent entre eux et impactent directement notre santé.

Perturbateurs endocriniens et santé hormonale : pourquoi dérèglent-t-ils notre production d’hormones ?

Dans cet article, je voulais surtout m’intéresser aux liens entre perturbateurs endocriniens et santé hormonale. En effet, de par leurs structures chimiques particulières, ces derniers vont agir à différents niveaux sur notre organisme. Ils vont notamment imiter les hormones naturelles en se fixant sur les mêmes récepteurs, un peu comme un double des clés.

Contrairement aux hormones naturelles (et comme leur nom l’indique), ces substances nocives vont perturber la communication hormonale. Elles vont notamment transmettre les informations au mauvais moment ou de la mauvaise façon (en trop grandes ou trop petites quantités).

Les perturbateurs endocriniens peuvent aussi bloquer certains récepteurs, empêchant les hormones naturelles de délivrer leur message aux cellules. De plus, ils interfèrent avec le travail de certaines protéines, dont le rôle est de réguler certaines hormones.

On voit ici se dessiner le lien entre perturbateurs endocriniens et santé hormonale. En créant des interférences, et donc des déséquilibres hormonaux, ils sont directement responsables de certaines affections, comme le Syndrome des Ovaires Polykystiques (SOPK).

C’est précisément pour cette raison qu’il faut surveiller les perturbateurs endocriniens. En commençant par savoir où ils se cachent.

Où trouve-t-on des perturbateurs endocriniens ?

Si l’action des perturbateurs endocriniens impacte si durement notre santé hormonale, c’est qu’on en trouve malheureusement dans de très nombreux produits de notre quotidien.

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Perturbateurs endocriniens dans notre environnement domestique

Les toxiques alimentaires

On trouve des traces de perturbateurs endocriniens sous deux formes dans notre alimentation :

  • Dans les aliments que nous consommons. Même si les taux de ces substances toxiques sont encadrés, ils ne sont pas toujours respectés. La présence de résidus de pesticides dans les aliments traités est dangereuse et toxique pour les consommateurs comme les travailleurs agricoles. Idem pour les métaux lourds (comme le plomb et l’arsenic) et le nickel qui contaminent les sols. Mi-2021 ce ne sont pas moins de 2 500 produits (conventionnels et biologiques) qui ont été contaminés à l’échelle mondiale. C’est la preuve que les contrôles sanitaires sont devenus un véritable enjeu de santé publique pour les autorités.

  • Les contenants alimentaires. Les perturbateurs endocriniens sont aussi présents dans nos ustensiles de cuisine. C’est le cas notamment des bisphénols, qui sont désormais interdits dans les barquettes en plastique ou encore l’intérieur des conserves. Idem pour le PFOA, un revêtement utilisé pour les poêles en téflon.

Perturbateurs endocriniens et santé hormonale : toxiques cosmétiques

Les perturbateurs endocriniens squattent aussi notre salle de bain. D’ailleurs, la législation européenne interdit aujourd’hui plus de 1 000 ingrédients dans la composition des produits d’hygiène et cosmétiques.Le problème est que d’autres pays, comme les Etats-Unis et la Chine, sont beaucoup moins regardants sur ce sujet.

On retrouve donc ces substances toxiques dans des soins comme les crèmes hydratantes ou dans notre maquillage. Ces dernières vont ainsi être directement absorbées par notre peau. Nous risquons même de les avaler (pour le rouge à lèvres) ou de les inhaler (pour la poudre libre).

Beaucoup de ces ingrédients nocifs pour notre système hormonal vont causer des dommages importants dans notre organisme. Ils risquent par exemple de perturber notre capacité à enfanter, nous créer des allergies, ou même se révéler cancérigènes.

Autre difficulté, les mentions comme « hypoallergénique » ou encore « naturel » ne nous protègent absolument pas des perturbateurs endocriniens. Ces appellations sont plus utilisées comme arguments marketing que comme un quelconque gage de qualité.

Les toxiques dans notre environnement

En moyenne, nous passons plus de 85 % de notre journée dans des environnements clos (domicile, bureaux, transports, etc.) Or, l’air que nous y respirons est chargé de polluants, et notamment de polluants chimiques, physiques, ou encore d’oxyde d’azote.

Là encore, on peut faire le lien entre perturbateurs endocriniens et déséquilibres hormonaux. La présence de ces polluants provient de plusieurs sources. Notamment des matériaux utilisés pour construire les bâtiments, pour traiter nos meubles ou par simple transfert de la pollution extérieure.

Et cette mauvaise qualité de l’air a un impact très dangereux sur notre santé hormonale. En plus de causer de la gêne (en raison de l’odeur ou de l’irritation de nos yeux), elle peut entraîner l’apparition ou l’aggravation de pathologies sévères. C’est notamment le cas des allergies respiratoires, de l’asthme, mais aussi de certains cancers.

Comment éviter les perturbateurs endocriniens et préserver sa santé hormonale ?

Si on connait désormais les liens entre perturbateurs endocriniens et santé hormonale, ces derniers ne sont pas une fatalité. Pour vous protéger, et protéger vos proches, il vous suffit tout simplement d’adopter une hygiène de vie plus saine.

Adopter une alimentation saine pour se protéger des perturbateurs endocriniens

Pour éviter les perturbateurs endocriniens, je vous conseille par exemple de :

  • Veiller à la préparation des aliments. Ne les laissez pas brûler et retirez bien la partie carbonisée avant de manger.

  • Lorsque vous faites vos courses, privilégiez autant que possible les aliments naturels.

  • Surveiller votre vaisselle et vos ustensiles de cuisson. Commencez par exemple par remplacer vos casseroles anti-adhésives par des casseroles en inox, en acier inoxydable ou en fonte.

 

Surveiller la composition de ses produits de beauté pour limiter l’exposition aux perturbateurs endocriniens

Pour limiter les perturbateurs endocriniens dans la salle de bain :

  • Evaluez vous-même la composition de vos cosmétiques. Ces derniers doivent contenir au moins 95 % d’ingrédients naturels ou d’origine naturelle. Regardez également bien l’ordre dans lequel apparaissent les ingrédients (ceux en tête de liste étant présents en quantité plus importante).

  • Si votre budget ne vous permet pas de passer à une routine de soin 100 % biologique, éliminez au moins les produits superflus très polluants. C’est le cas du rouge à lèvres, du vernis à ongles et du fond. Ils restent en effet plus longtemps en contact avec votre peau.

 

Améliorer la qualité de l’air et préserver son environnement des perturbateurs endocriniens

Pour éviter les liens entre perturbateurs endocriniens et déséquilibres hormonaux, je vous conseille aussi d’améliorer la qualité de votre air intérieur.

C’est très simple, il vous suffit de :

  • dépolluer l’air de votre domicile en aérant 10 minutes les pièces, 2 fois par jour ;

  • dépoussiérer vos meubles, car les molécules polluantes retombent dans la poussière. Utilisez de préférence des lingettes en microfibres lavables (plus efficaces que le chiffon ou le plumeau) ;

  • Si vous utilisez une serpillière, ne pas oublier de la laver ensuite ;

  • Changer son sac d’aspirateur avec précaution pour ne pas remettre en circulation les poussières aspirées ;

  • Éviter les aérosols, bougies ou encens (même bio). Si vous ne pouvez pas vous en passer, faites-le dans une pièce vide et attendez 20 minutes avant d’y retourner.

 

Les perturbateurs endocriniens sont directement responsables des déséquilibres hormonaux qui peuvent entraîner des troubles de la fertilité, des affections comme le SOPK ou l’endométriose. Très présents dans notre alimentation, l’air que nous respirons et les produits que nous utilisons au quotidien, il est crucial de s’en protéger. Pour cela, la clé est d’adopter une hygiène de vie plus saine, et plus respectueuse de notre santé hormonale.

Naturopathe de formation,  je vous invite à retrouver tous mes conseils pour éviter les perturbateurs endocriniens et équilibrer vos hormones dans mon livre « Accompagnez votre SOPK au naturel », paru aux éditions Jouvence. Je vous propose également un accompagnement personnalisé en ligne pour vous aider à adopter ces changements petit à petit, en fonction de vos besoins et  de votre mode de vie.

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